Devenir grand-parent, pas si simple ?

Devenir grand-parent, pas si simple ?

Extrait du (Nouvel) art d’être grand-parent

Devenir grand-parent n’est pas toujours une joie immédiate ni un rôle qu’on endosse sans problème.
Parce que cela réactive nos maternités/paternités et les choses éventuellement douloureuses qui les ont accompagnées.
Parce que cela nous donne un « coup de vieux ».
Parce qu’on manque de modèles ou qu’on récuse les modèles existants.
C’est par exemple le cas de Roselyne :

C’est bouleversant de savoir que son enfant va donner la vie. Autant il est agréable de dire : “Ma fille attend un bébé”, autant il est tout à fait démoralisant de dire : “Je vais être grand-mère”. Non pas parce qu’on a le sentiment de vieillir – quand on est en forme, on n’a pas cette impression –,  mais parce que l’image véhiculée par ce mot ne me convient pas du tout ! Disons-le franchement, je n’ai aucun modèle positif, aucune image valorisante à me mettre sous la dent. Les lieux communs m’épouvantent ou me révoltent. Que vois-je ? Des femmes qui ont oublié de materner leur propre enfant et qui “se rattrapent” sur leurs petits-enfants ; des femmes qui sont présentes à tout instant ; des femmes qui clament que c’est si agréable d’être grand-mère parce qu’on n’a que le bon côté des choses… Et puis, si devenir mère est une aventure exaltante qui donne à son corps, à son esprit une énergie insoupçonnée (il n’est pour moi meilleur souvenir que ces neuf mois, que ces accouchements aussi beaux et naturels les uns que les autres, que ces allaitements intenses et épanouis), ce n’est pas le cas lorsqu’on devient grand-mère : pas la moindre hormone du grand-maternage pour nous aider ! Au secours ! Qui a la recette ?
Je ne désespère pas d’arriver à écrire un jour mon art personnel d’être grand-maman, pas mamie, pas mémé… je cherche encore !

D’autres ont besoin de plusieurs petits-enfants avant de se sentir « vraiment » grands-parents. C’est le cas de la maman de Virginie :

J’ai quatre enfants, et ma mère m’a dit il n’y a pas si longtemps qu’elle ne se sent “vraiment” grand-mère qu’avec le dernier, qui a 6 ans. Avant, elle refusait de “se voir” grand-mère, elle ne savait pas s’y prendre avec eux, préférait être dans l’action, dans le matériel… (et ne se reconnaissait pas dans la mère de famille nombreuse que j’étais). Elle dit aujourd’hui être passée à côté d’eux, et mon aîné a 21 ans…

Aline, manquant de modèle, a puisé dans son expérience de mère ayant participé à des groupes de mères :

Être grand-maman, c’est une aventure que je vis sans modèle. Je suis devenue maman alors que je n’avais plus la mienne, un manque énorme pour se construire comme maman. Mais j’ai eu la chance de participer à des rencontres de mères, où nous parlions principalement de maternage. Pas de théorie, pas de lignes à suivre, seulement un partage d’expériences, de vécus, pour trouver son propre chemin de maman. J’ai beaucoup appris de ces femmes, de ces mères, et cela était présent en moi quand je suis devenue une grand-mère.

Pouvoir échanger

L’utilité de groupes de parole, de groupes d’échange d’expériences… est en effet bien connue dans de multiples domaines : groupes de parents, groupes de mères, groupes de femmes autour de la ménopause…
La grand-parentalité ne fait pas exception.
Pouvoir parler avec d’autres grands-parents ne peut être que bénéfique : parler de ses joies, de ses doutes, de ses interrogations, profiter de l’expérience des autres, se rendre compte qu’on n’est pas les seuls à vivre, à éprouver cela…
Des groupes de parole pour grands-parents existent dans des pays comme la Finlande, la Pologne… En France, c’est encore rare, mais pas inexistant. L’École des parents et ses Cafés des parents proposent par exemple des rencontres aux grands-parents. Il en est de même pour les CAF.
Et si rien n’existe dans votre coin, pourquoi ne pas créer votre groupe de parole pour grands-parents ?
Échanger, cela peut aussi se faire sur Internet. Deux « jeunes grands-parents » adeptes du maternage proximal avaient créé un blog [1] visant à échanger des informations sur le métier de « nouveaux jeunes grands-parents heureux ». Il est actuellement en sommeil, mais rien n’empêche que d’autres grands-parents lancent un autre blog, un forum, une liste de discussion [2]

Une école pour les grands-parents ?

On a déjà évoqué cette association, créée en 1994 sur le modèle de L’École des parents : l’École des grands-parents européens [3].
Elle compte actuellement une vingtaine d’antennes en France, ainsi qu’en Suisse et en Belgique, qui proposent soutien psychologique, groupes de parole, entretiens individuels, soutien téléphonique, médiations… Un nouveau groupe s’est ouvert récemment, et connaît un grand succès : « Grand-mère pour la première fois ».
Des activités intergénérationnelles, ouvertes à tout grand-parent accompagné d’un petit-enfant de 6 à 12 ans, sont proposées (« Les mercredis avec nos petits-enfants ») : visites de musées, ateliers créatifs… Ainsi que des activités regroupant les grands-parents : ateliers, cafés-philo, cafés-cinéma, groupes de lecture…

 

[1] http://www.nouveauxgrandsparents.blogspot.com/
[2] En voici un au hasard : http://grandsparentsdecoeur.forumactif.com/
[3] EGPE, www.egpe.org

 

À voir : Entretien sur le lien inter-générationnel avec Valérie de Lire au monde

A propos de l'auteur

Claude Didierjean-Jouveau

Animatrice de La Leche League France, rédactrice en chef d'Allaiter aujourd'hui ! Auteur de plusieurs ouvrages sur l'allaitement, la naissance et le maternage.

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