Me connaître

Pour me présenter, j’ai choisi une interview de moi faite en 2014 par Anne-Marie Bosems pour le n° 8 du magazine Peps, car elle me semble bien dire ce que j’ai envie de dire sur moi.

Claude Didierjean-Jouveau s’intéresse depuis longtemps à tout ce qui tourne autour de la grossesse, de la naissance, de l’allaitement, du maternage et des bébés : « En fait, ça date d’avant mon premier enfant en 1976, car j’étais allée voir le film de Leboyer Pour une naissance sans violence quand il est sorti en 1974. Je n’étais même pas encore enceinte. Je connaissais l’existence de La Leche League (LLL), qui était assez embryonnaire à ce moment-là, mais je n’avais pas eu besoin de la contacter. Et je ne sais pas pourquoi, alors que mon premier s’était sevré et que je n’étais pas encore enceinte, je suis allée à une réunion. Et je me suis rendu compte que si moi je n’avais pas eu de problème pour allaiter, il y avait beaucoup de femmes pour qui c’était difficile, et qu’une aide comme celle que LLL pouvait apporter était précieuse.

J’ai continué à aller aux réunions, j’ai eu deux autres enfants que j’ai allaités, je suis devenue animatrice de La Leche League en 1986, puis je me suis investie de plus en plus dans l’association puisque j’en suis devenue la présidente de 1989 à 1997. En 1991, j’ai commencé à m’occuper de la revue de l’association, Allaiter aujourd’hui. Je m’en occupe encore actuellement, et à partir de 1999, j’ai commencé à publier de petits livres autour des sujets du maternage et de l’allaitement.

Au départ, je n’avais pas le projet de publier tous ces livres, je voulais seulement publier un recueil d’articles, j’avais envie qu’ils perdurent un peu plus qu’un article de journal. Le livre s’appelait La voie lactée, l’allaitement maternel. C’est mon éditeur qui m’a ensuite demandé si je n’avais pas un autre livre à proposer et j’ai fini par en écrire plusieurs, autour des mêmes sujets. Par contre, mon nouveau livre traite de la vieillesse, donc là je vais à l’autre bout de la vie. »

Elle souhaite certains changements dans la société : « Je pense que j’aimerais que chacun puisse faire ce qu’il estime juste et bon pour lui et pour son entourage, pour les enfants en particulier. Car c’est sur la façon dont on traite nos enfants qu’on crée une société, donc en commençant par les bébés, qui sont les plus vulnérables, ce sont eux qui ont le plus besoin d’être bien traités. J’aimerais aussi qu’on puisse être libre de choisir sa mort. Je n’y crois pas trop, c’est un sujet très polémique, la population d’après les statistiques a l’air de le vouloir mais la société, les pouvoirs publics n’ont pas l’air d’être prêts. »

Elle a vu de nombreuses évolutions dans le sens espéré : « Au niveau de l’allaitement et du maternage, il y a eu de gros changements : le taux d’allaitement à la naissance en 1995 était de 45 %, on est aujourd’hui à presque 70 %. Même s’il y a toujours beaucoup d’échecs, il y a quand même une grande évolution. Dans les années 80/90, on avait l’impression que ça stagnait, que rien ne se passait… J’ai senti vraiment une évolution autour de l’an 2000. Le premier Plan National Nutrition Santé a évoqué pour la première fois dans un document officiel la promotion de l’allaitement. Avant, quand on avait des contacts avec des gens du ministère ou de la CAF, on nous répondait invariablement qu’en France, l’allaitement n’était pas un problème de santé publique mais une affaire de choix individuel. C’est la peur autour de l’épidémie d’obésité infantile, dont on craignait qu’elle arrive en France, qui a obligé les pouvoirs publics à s’intéresser au sujet et à tout ce qui pouvait lutter contre ce problème. Et comme un certain nombre d’études montraient que les enfants allaités avaient moins de risques de devenir obèses… Comme je le dis souvent, l’allaitement est entré en France dans la santé publique par la petite porte de l’obésité infantile ! Internet a eu aussi beaucoup d’influence dans ce domaine, il a permis un accès à l’information beaucoup plus facile et de l’entraide et des échanges, virtuels mais très aidants. C’est à cette période qu’on a franchi la barre des 50 % d’allaitement à la naissance. C’est un peu symbolique. Le portage, le sommeil partagé, toutes ces pratiques ont pu être plus connues et ont été plus pratiquées. »

Claude avait comme projet initial celui de La Leche League, aider et soutenir les femmes qui veulent allaiter : « C’est la motivation de toutes celles qui deviennent animatrice, surtout si elles ont elles-mêmes été aidées : aider à leur tour, rendre ce qu’elles ont reçu. Personnellement, j’avais une envie par rapport aux femmes qui travaillent, j’étais vraiment persuadée que si l’on voulait que l’allaitement soit plus important et dure plus longtemps, il fallait faire passer le message qu’on pouvait allaiter après la reprise du travail. Ça a été important dans ce que je voulais faire passer. Il y a eu une bonne évolution, il y a de plus en plus de femmes qui ont su que c’était possible et qui l’ont fait. On a d’ailleurs fait plusieurs numéros d’Allaiter aujourd’hui sur le thème allaitement et travail. Chacun de ces numéros a toujours été un best-seller. »

La Leche League subit régulièrement des attaques virulentes, mais qui ne déstabilisent pas Claude : « Personnellement, je n’ai jamais été étonnée par ces attaques, elles sont récurrentes, j’ai toujours vécu avec ça. Mais certaines animatrices ont été atteintes très profondément, notamment “l’affaire Badinter” en 2010 a été très très dure pour beaucoup. Quant à moi, la critique ne m’arrête jamais. Je ne dis pas que les critiques n’ont aucun effet. Pour reprendre l’exemple de Badinter, elle a sûrement eu un effet, des femmes qui auraient pu avoir besoin de nous appeler pourront ne pas l’avoir fait en ayant lu son bouquin ou en l’ayant entendue dans les médias. C’est vrai que ça fait mal au cœur : se dire que certaines femmes ont pu ne pas allaiter comme elles l’auraient voulu pour cette raison, en ne voulant pas contacter cette association, craignant qu’on leur impose de rester clouée au canapé pendant deux ans avec un bébé au sein par exemple… C’est ça le problème pour les allaitements un peu longs, on a l’impression que ceux qui ne l’ont pas vécu pensent qu’on reste deux ans coincée chez soi, sans bouger. De nombreuses personnes imaginent qu’un allaitement de grand, c’est comme un allaitement de tout-petit mais qui dure… Alors que l’allaitement donne une grande liberté. »

Elle reçoit beaucoup de soutien par le biais de l’association : « Je continue d’être animatrice, j’ai un groupe, j’ai une action de terrain, c’est là qu’on se rend compte de notre utilité : parce qu’on a été là au bon moment, on a permis au chemin d’une mère avec son bébé de prendre cette direction au lieu de prendre celle de l’échec. C’est très valorisant. C’est pour ça que je continue à avoir un groupe avec une autre animatrice, à faire des réunions, à répondre au téléphone. »

Elle n’a pas l’impression d’avoir fait le moindre sacrifice : « Il faudrait demander à mes enfants et à mon compagnon, peut-être qu’ils ne diraient pas la même chose, qu’à certains moments ils ont trouvé que je m’investissais un peu trop, que je passais trop de temps au téléphone, mais moi je ne trouve pas. » (rires)

Claude pense que ses capacités d’action viennent de son éducation : « Je suis une femme qui a eu une éducation non sexiste. Les livres sur les différences homme-femme m’ont toujours fait hurler de rire, je ne me retrouve pas dans ce qui est soi-disant dédié aux femmes (les cartes routières chez nous, c’est moi, rires). Je pense que j’ai toujours côtoyé des femmes qui étaient plutôt des femmes de caractère, des femmes fortes, à commencer par ma mère, et qui ne m’ont jamais assigné un rôle de faible femme. Je me rends compte aussi que je travaille assez vite, ça me permet de faire plus de choses que je n’en ferais sinon. »

Pour ceux qui ont envie d’agir mais n’osent pas, Claude propose de trouver une association qui corresponde à leurs thèmes de prédilection : « Parce que dans une association, on va être aidé, on n’est pas tout seul, si on appréhende de se lancer. On peut s’engager à tous les niveaux, on peut faire très peu, plus, beaucoup plus. C’est une bonne idée. C’est en tout cas comme ça que ça a marché pour moi. »

Mon parcours dans l’allaitement et la parentalité

– expérience personnelle d’allaitement de mes trois fils,
– participation aux réunions LLL depuis 1979,
– animatrice LLL depuis 1986,
– présidente de LLL France de 1989 à 1997,
– rédactrice en chef d’Allaiter aujourd’hui depuis 1991,
– membre de la Commission Régionale de la Naissance d’Ile-de-France de 2000 à 2005, et de ses groupes de travail « maisons de naissance » et « allaitement »,
– membre du groupe de travail allaitement en Seine-Saint-Denis depuis 1998,
– membre du groupe de travail de l’ANAES chargé de rédiger des recommandations sur l’allaitement, 2001-2002,
– membre du Comité français d’attribution du label HAB, 2002-2011,
– participation à la Société d’histoire de la naissance, à la Fédération Naissance et libertés, à Naissance et citoyenneté, au CIANE (Collectif inter-associatif autour de la naissance), membre du CA de la CoFAM (Coordination française pour l’allaitement maternel) en 2005-2006,
– membre de la Commission Nationale de la Naissance, 2005-2008,
– membre du Board of Directors de La Leche League International, 2007-2010,
– membre du CA de la Société d’histoire de la naissance, 2007-….,
– membre du groupe de travail pour la rédaction du Guide de l’allaitement maternel de l’INPES, 2007-2008 (paru en 2009),
– membre du CA de l’association Bien-traitance – Formations et recherches, 2011-2017,
– membre du comité de parrainage de l’OVEO (Observatoire de la violence éducative ordinaire), 2017-….
– membre du Comité scientifique de la CoFAM, 2019-….

Mes engagements actuels

La Leche League bien sûr,
– L’association Bien-traitance – Formations et recherches,
– La Société d’histoire de la naissance,
– La revue Grandir autrement

Réseaux sociaux

Compte Twitter : @ClaudeDJ
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Courriers de lectrices

  • Clarisse : “Je tiens à vous remercier pour ce que vous m’avez apporté avec vos livres. Grâce à vous, j’ai pu vivre sereinement mon allaitement et le cododo en ayant la certitude que c’était positif pour mes enfants.”
  • Christelle : “Je suis une maman allaitante, et j’ai beaucoup aimé lire vos livres sur le sujet, lors de mon congé maternité pour ma première fille.”
  • Hannah : “Enfin un article qui me donne des repères par rapport à Aletha Solter. Je n’ai jamais pu faire ce qu’elle demandait et, en effet, je trouvais son approche limite, et je suis contente d’enfin lire un avis identique !
  • Aquilegia : “Maman d’un petit garçon de presque deux ans et demi, je me permets de vous écrire pour vous remercier. C’est un de vos articles, sur les pleurs des bébés, qui m’a permis de faire connaissance avec la parentalité proximale qui nous a guidés jusqu’ici, mon compagnon et moi. Notre bambin est toujours allaité (même si j’ai repris le travail), toujours en cododo (avec l’aide de votre livre) puisqu’il semble en avoir toujours besoin (il continue à téter à l’endormissement, moment merveilleux de calme et complicité, et un peu la nuit et a clairement besoin de contacts pendant la nuit), parfois encore porté dans son écharpe ou son sling (quand il fatigue en promenade)… Vos mots nous ont accompagnés au cours de cet apprentissage d’une parentalité très différente de celle pratiquée par nos parents, et si épanouissante pour notre famille. Merci.”
  • Marguerite : “Rapide et joyeuse introduction à l’allaitement. À offrir à une femme qui ne sait pas si elle veut allaiter ou non, ou qui veut mais se demande si elle pourra.”
  • Fiche de lecture sur Le nouvel art d’être grand-parent. Extrait : “Ce livre me parle beaucoup et j’ai enfin réussi à mieux comprendre certaines tensions avec mes parents, il m’a permis de voir la situation à travers les yeux de mes parents devenus grands-parents de mes enfants. Sans renier mes convictions et ma façon de faire avec mes enfants, il m’a permis au contraire d’affirmer avec fermeté mon rôle de mère, avec empathie et bienveillance vis-à-vis de mes parents.”
  • Camille : “Je voulais juste vous remercier. Je suis actuellement en train de lire plusieurs de vos ouvrages, et ça fait du bien de se sentir comprise.”
  • Carole : “Je vous lis un peu sur le tard, mon petit a déjà 1 an, mais ça m’a vraiment fait du bien. Rassurée, je sais que j’ai bien fait de suivre mon instinct. Je savais tout ce que j’ai lu, mais mon entourage me faisait douter tous les jours un petit peu plus. On est si faible lorsqu’on ne sait pas… ou plutôt que l’on sait mais pas avec assez d’assurance, de confiance. Merci.”

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