Allaiter plus longtemps ? Pourquoi

Allaiter plus longtemps ? Pourquoi

En avant-première à la parution de mon nouveau livre, Allaiter plus longtemps, qui sort le 15 septembre aux éditions Jouvence, j’ai souhaité mettre en ligne ce chapitre des 10 plus gros mensonges sur l’allaitement (éditions Dangles, 2006), intitulé « Allaiter, c’est bien les premiers mois, après, ça ne sert plus à rien (ou c’est mauvais) ».

C’est sans doute chez nous le « mensonge » qui fait le plus de mal à l’allaitement, et qui est relayé aussi bien par les professionnels de santé que par les travailleurs de la petite enfance, la voisine, la belle-mère, la bonne copine, les médias, etc.
Dès que l’allaitement dépasse quelques semaines, la mère est assaillie de questions, de remarques, de critiques, d’interrogations… et soumise à rude pression : « Quand est-ce que tu arrêtes ? », « mais quand vas-tu lui donner autre chose ? », « ton lait ne doit plus lui suffire », « ça suffit comme ça, pas la peine de continuer », « là, vous vous faites plaisir, c’est tout », « vous êtes aveugle aux signes que vous envoie votre bébé disant qu’il veut arrêter de téter » (si, si, je l’ai entendu, de la bouche d’une psy !), « vous le rendez dépendant », « attention à l’inceste » (s’il s’agit d’un garçon), « vous allez en faire un homosexuel », « il risque d’avoir des TOC [1] plus tard », « vous mettez votre enfant à votre service sexuel » [2]… j’en passe, et des meilleures.
La limite au-delà de laquelle cela devient soit inutile soit pathologique varie selon les gens : pour certains, ce sera 3 mois [3], pour d’autres 6 mois [4], pour d’autres encore 9 mois ou 12 mois.
Sans qu’aucune raison valable, aucune étude scientifique sérieuse ne vienne corroborer ces dires.

Non, après 3 mois, le lait maternel, ce n’est pas « que de l’eau »

Ce qu’on sait de la composition du lait de femme, qui en fait un aliment complet, équilibré et parfaitement adapté aux besoins de l’enfant, riche en acides gras essentiels pour construire son cerveau, en facteurs de protection, etc., reste vrai quel que soit l’« âge » de l’allaitement.
Le lait d’une femme qui allaite un enfant de 18 mois est tout aussi riche que celui d’une femme qui allaite un bébé de 3 mois [5]. Certaines études tendraient même à prouver qu’il est plus riche. Des chercheurs israéliens ont comparé [6] le lait de femmes ayant allaité deux à six mois à celui de femmes ayant allaité douze à trente-neuf mois. Pour le premier groupe, la teneur moyenne du lait en matières grasses était de 7 %, contre 11 % pour le deuxième groupe. Un litre de lait des femmes du premier groupe représentait 740 calories, contre 880 dans le second groupe.
On voit par là que l’apport calorique du lait maternel dans le régime alimentaire d’un enfant de 2 ans qui tète encore pas mal, est loin d’être négligeable. La conclusion des chercheurs était d’ailleurs : « Aussi pouvons-nous encourager les mères à continuer à nourrir leurs enfants au sein, car d’un point de vue nutritionnel, leur lait a bien une valeur. »
Certes, à partir d’un certain âge [7], l’allaitement devra être complété par des aliments solides. Mais, pendant encore plusieurs mois, l’essentiel de l’alimentation de l’enfant pourra continuer à être fourni par le lait maternel [8].
Lait maternel qui continuera par ailleurs à apporter à l’enfant ses innombrables facteurs de protection, et pourra faire une grande différence pour lui en terme de santé, voire de survie dans certains pays. Une étude faite dans les campagnes du Bangladesh [9] attribuaient un tiers des morts entre 18 et 36 mois au non-allaitement : les enfants qui n’étaient plus allaités à cet âge ne bénéficiaient plus des anticorps apportés par le lait maternel.
Des études ont même montré que lorsque l’enfant grandit et tète moins, la concentration de facteurs immunologiques dans le lait maternel augmente, de façon sans doute à ce qu’il continue à en recevoir la même quantité. L’une d’elles [10] a relevé un taux total d’IgA de 0,8 g/l jusqu’à 12 mois, et de 1,1 g/l entre 13 et 24 mois.

Une meilleure santé future

Continuer à être allaité n’est pas seulement bon pour la santé présente de l’enfant, ça l’est aussi pour la santé de l’adulte qu’il deviendra.
Dans le chapitre sur les effets de l’allaitement sur la santé, j’ai donné de nombreux exemples montrant que plus l’allaitement a duré, plus les effets sur l’état de santé de l’individu sont importants (effet dose-dépendant).
En voici deux exemples supplémentaires.
Savez-vous qu’un allaitement exclusif plus long empêche la colonisation de l’estomac par la bactérie Helicobacter pylori, responsable, on le sait maintenant, de la plupart des ulcères, voire des cancers, de l’estomac ? Dans une étude [11] faite sur plus de 400 hommes âgés de 50 ans, une augmentation de la durée de l’allaitement exclusif était significativement corrélée à une diminution du risque d’être porteur de la bactérie.
Un allaitement plus long est également protecteur par rapport à l’infection à Haemophilus influenzae type b (Hib). Dans cette étude [12] faite en Suède entre 1987 et 1992 (avant l’introduction de la vaccination), un allaitement exclusif court (moins de 13 semaines) était corrélé à un risque d’infection presque quatre fois plus élevé (OR : 3,79). Si l’on ne considérait que les infections s’étant déclarées après 12 mois, le risque était même multiplié par près de huit (OR : 7,79). Chaque semaine d’allaitement supplémentaire diminuait le risque, et ce même après la fin de l’allaitement.
Une autre étude, faite par la même équipe quelques années plus tard [13], a montré qu’en cas d’infection à Hib, les enfants de 18 mois et plus se défendaient mieux (avaient des taux plus élevés de tous les anticorps testés, particulièrement pour les IgG2) s’ils avaient bénéficié d’un allaitement exclusif pendant au moins treize semaines.

Non, les enfants allaités longtemps ne deviennent pas anormaux

À écouter certains, allaiter longtemps son enfant serait lui rendre un très mauvais service. Qu’en est-il en réalité ?

L’allaitement long nuirait-il au développement du langage ?

Cet argument assez inattendu est avancé par certains psychanalystes qui pensent, à la suite de Françoise Dolto, qu’il faut « castrer la langue du téton » pour que l’enfant accède à la parole.
Pensent-ils que le sein, comme bien souvent la sucette, fait « bouchon » dans la bouche de l’enfant ? Ou que ce qu’ils perçoivent – à tort – comme une fusion mère/enfant ne laisse pas de place au langage ?
Manifestement, ils n’ont jamais rencontré de bambins allaités à la langue bien pendue, ni pris connaissance d’études montrant que c’est le non-allaitement qui est associé à davantage de troubles du langage… Voir cette étude [14] où le risque de trouble du langage était deux fois et demi plus élevé chez les enfants qui n’avaient pas allaités que chez ceux qui l’avaient été pendant sept mois et plus. Ou cette autre [15] plus ancienne, qui avait également trouvé un lien significatif entre le non-allaitement et un risque plus grand de troubles du langage [16].

En fait, un meilleur développement cognitif

Là aussi, j’ai déjà abordé le sujet dans cet autre chapitre, et n’y reviendrai pas longuement, me contentant de citer deux nouvelles études parues fin 2005. La première [17], faite sur des enfants philippins nés en 1983-84 et suivis de la naissance à 8 ans ½, montre qu’à cet âge, ceux qui avaient été allaités plus longtemps (entre douze et dix-huit mois) avaient de meilleurs résultats aux tests cognitifs que ceux qui avaient été allaités moins de six mois. C’était particulièrement net pour les enfants qui étaient de petit poids à la naissance : 9,8 points de QI en plus ! La seconde [18], faite sur plus de 2 000 jeunes Brésiliens âgés de 18 ans, montrent que ceux qui ont été allaités au moins neuf mois réussissent nettement mieux dans leurs études que ceux qui l’ont été moins d’un mois, ce qui pourrait donner à l’âge adulte une différence de revenus de 10 à 15 %.

Rapports parents-enfants

À plus long terme, les effets semblent également assez positifs.
Les relations entre la durée de l’allaitement et les capacités d’adaptation psychosociale ont été analysées dans une cohorte d’adolescents âgés de 15 à 18 ans. Pour cette étude prospective [19], on a enrôlé 999 enfants néo-zélandais.
Pendant la période comprise entre 0 et 1 an, des données ont été recueillies sur le déroulement de l’allaitement. Entre 15 et 18 ans, les enfants ont été recontactés et soumis à une batterie de tests destinés à évaluer leurs capacités d’adaptation psychosociale, la qualité des rapports parents-enfants, la prévalence de la délinquance juvénile, l’utilisation de substances illicites et l’existence de troubles psychiatriques.
Les enfants qui avaient été allaités pendant longtemps étaient plus nombreux que les enfants nourris au lait industriel à avoir des liens de meilleure qualité avec leurs parents, et à penser que leur mère s’était mieux occupée d’eux et avait été moins surprotectrice.
Après ajustement pour les diverses variables confondantes, la durée de l’allaitement restait significativement corrélée à la perception par l’adolescent de meilleurs soins donnés par la mère, la perception de l’adolescent étant d’autant plus positive que l’allaitement avait été long.
Les auteurs concluaient que l’allaitement long semblait favoriser des rapports parents-enfants de meilleure qualité [20].
Les mères qui allaitent longtemps insistent elles aussi sur la force du lien mère-enfant ainsi tissé, et les bénéfices émotionnels qu’elles en retirent, ainsi que leur enfant. C’est ce qui ressort par exemple d’une étude sur le vécu de 179 mères allaitantes « au long cours » [21] qui, si elles parlent des difficultés à allaiter longtemps dans un environnement peu soutenant voire franchement critique, n’en disent pas moins que les aspects positifs pour la relation mère-enfant l’emportent de loin sur ces aspects négatifs.

Une meilleure adaptation

Une étude qui s’est intéressée au devenir d’enfants allaités plus d’un an [22], a trouvé un lien entre la durée de l’allaitement et la façon dont les mères et les professeurs appréciaient leur adaptation sociale à 6 et 8 ans. Les auteurs prenaient leurs précautions en disant qu’ils n’avaient pu prendre en compte les différences d’interactions mère-enfant entre les mères qui allaitent et celles qui donnent le biberon, différences pouvant expliquer leurs résultats.
Mais finalement, peu importe que ces résultats soient dus à l’allaitement en soi ou à un comportement maternel plus courant chez les mères susceptibles d’allaiter plus d’un an. Le fait demeure : les enfants allaités longtemps étaient considérés plus tard comme ayant la meilleure adaptation sociale. C’était encore plus vrai chez les mères que chez les professeurs, ce qui laissait à penser que les mères ayant allaité longtemps tendent à voir leurs enfants sous un jour plus positif que les autres.

Et c’est tout simplement bon !

Dans une étude sur des mères australiennes allaitant des enfants de 2 ans et plus [23], on a interrogé les enfants (mais oui, ils parlent !) qui ont presque tous dit qu’ils tétaient parce qu’ils aimaient le lait de leur mère, que ça les rendait heureux et leur faisait du bien. Certains ont dit que c’était « aussi bon que le chocolat », voire « meilleur que la crème glacée » !

Les recommandations de l’OMS et du ministère

Voilà déjà plusieurs années que l’Organisation mondiale de la santé recommande un allaitement exclusif de six mois, et la poursuite de l’allaitement jusqu’à 2 ans ou plus [24].
Pendant longtemps, ces recommandations ont été dénigrées chez nous comme « juste bonnes pour les pays pauvres, mais en France, voyons… ! »
Cette « exception française » dont on se serait bien passée semble en passe de disparaître.
C’est d’abord l’ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé [25]) qui, dans ses « recommandations professionnelles sur la mise en œuvre et la poursuite de l’allaitement maternel dans les six premiers mois de vie de l’enfant » (2002), écrit : « La poursuite de l’allaitement maternel exclusif pendant six mois permet un développement optimal des nourrissons et doit donc être encouragée. » Et : « La poursuite de l’allaitement après l’âge de 6 mois associée à une diversification alimentaire ne présente que des avantages pour les nourrissons. »
C’est ensuite, en 2005, la brochure sur les bénéfices de l’allaitement pour la santé de l’enfant et de sa mère, écrite par le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie et publiée par le ministère de la Santé [26], qui reprend pour la première fois l’intégralité des recommandations OMS : « L’allaitement maternel permet une croissance normale au moins jusqu’à l’âge de 6 mois. Il n’y a donc pas de raison d’introduire d’autres aliments avant cet âge, comme l’OMS le recommande, en insistant sur le fait que l’allaitement maternel peut être poursuivi jusqu’à l’âge de 2 ans ou même davantage, selon les souhaits de la mère, à condition d’être complété par la diversification alimentaire à partir de l’âge de 6 mois. »

À tous ceux qui continuent de critiquer l’allaitement au-delà des premiers mois, on peut donc rétorquer qu’on suit les recommandations du ministère de la Santé !

 

Un âge naturel pour le sevrage ?

En 1995 est paru aux États-Unis un ouvrage passionnant sur les aspects « bioculturels » de l’allaitement [27].
Une des contributions [28], écrite par Katherine A. Dettwyler, professeur d’anthropologie à l’Université du Texas, s’intéressait à une question bien précise : à quel âge les petits humains devraient-ils être sevrés (le sevrage étant entendu ici comme la cessation totale des tétées) si l’on se basait uniquement sur des considérations physiologiques ?
Chez les primates (famille dont font partie les êtres humains) et comparativement aux autres mammifères, la durée de gestation est plus longue, le poids à la naissance (par rapport au poids adulte) plus élevé, le cerveau (par rapport au poids corporel total) plus lourd, la durée de dépendance à l’adulte plus longue, la maturité sexuelle plus tardive, la durée de vie plus longue et… l’âge du sevrage complet plus tardif.
Chez les mammifères, celui-ci semble pouvoir être corrélé à plusieurs variables : âge de quadruplement du poids de naissance augmenté de quelques mois (entre 3 et 4 ans pour les humains) ; âge où l’on atteint le tiers de son poids adulte (entre 6 et 7 ans pour les humains) ; durée de la gestation (chez les primates les plus proches de l’être humain, à savoir les chimpanzés et les gorilles, la durée de l’allaitement est égale à plus de six fois la durée de la gestation) ; âge d’apparition des premières molaires définitives (5,5 à 6 ans pour les humains, qui est aussi l’âge où le système immunitaire arrive à maturation).
De toutes ces données, on peut conclure que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situerait entre 2,5 et 6 ans.
Les historiens et les anthropologues confirment bien évidemment que chez de nombreux peuples, l’allaitement long était la règle [29], et l’est encore dans maints endroits du globe.
Les archéologues s’intéressent eux aussi au sujet depuis quelque temps, et font des découvertes intéressantes.
C’est ainsi que la paléoanthropologue Estelle Herrscher, étudiant des squelettes d’enfants enterrés dans la nécropole Saint-Laurent de Grenoble, a montré, grâce à l’analyse de certains isotopes qui signent la consommation de lait maternel, qu’à la fin du Moyen Âge, le sevrage débutait vers 2,6 à 3,3 ans [30], alors qu’au 18siècle, l’allaitement durait moins longtemps, avec des conséquences sur la santé : un état sanitaire plus déficient à l’époque moderne qu’au Moyen Âge, et une croissance meilleure des 5-9 ans au Moyen Âge.
Au Guatemala, d’autres archéologues, s’appuyant eux aussi sur l’étude des isotopes dans l’émail dentaire de squelettes dont l’âge allait de 500 ans avant J.-C. à 1500 de notre ère, avaient conclu que les enfants de ces époques commençaient à consommer des aliments solides avant l’âge de 2 ans, et continuaient à être allaités pendant la majeure partie de la période de minéralisation des prémolaires (2 à 6 ans) [31].

 

[1] Troubles obsessionnels compulsifs.
[2] Jean-Pierre Winter, psychanalyste, au colloque de la Cause des bébés sur « l’art de nourrir les bébés », Montrouge, février 2005.
[3] Marcel Rufo : « Je suis en plein combat avec mes consœurs Edwige Antier et Christiane Olivier, qui tiennent des propos bizarres : il faut allaiter son bébé jusqu’à 1 an. Moi, je crois qu’au 3mois on peut le mettre à la crèche et reprendre le travail » (L’Express, 9 octobre 2003).
[4] Le même Marcel Rufo, deux ans plus tard : « De la naissance à 6 mois, il faut que la mère soit au plus près du bébé. Mais l’allaitement, s’il est choisi, ne devrait pas se poursuivre au-delà. Je vais encore déclencher une émeute, mais allaiter plus de six mois, quand l’enfant commence à avoir des dents, cela me pose question. Quand le sein a retrouvé sa fonction érotique, il ne se partage pas ! Ou alors, c’est qu’il y a érotisation de l’allaitement » (Elle, 25 avril 2005). Comme quoi, on peut évoluer. Allez, encore un effort !
[5] Victora CG et al., Is prolonged breast-feeding associated with malnutrition ? Am J Clin Nutr 1984 ; 39 : 307-14.
[6] Mandel D et al., Fat and energy contents of expressed human breast milk in prolonged lactation, Pediatrics 2005 ; 116(3) : e432-5.
[7] Actuellement estimé à 6 mois, il pourrait être repoussé à l’avenir. Voir par exemple : Borresen HC, Rethinking current recommendations to introduce solid food between four and six months to exclusively breastfeeding infants, J Hum Lact 1995 ; 11(3) : 201-4, qui dit que “la plupart des enfants allaités par une mère en bonne santé n’ont pas besoin de suppléments pendant la majeure partie de leur première année pour avoir une croissance satisfaisante”.
[8] On a longtemps dit que la prolongation de l’allaitement dans le Tiers-monde était responsable du retard de croissance chez certains enfants (sous-entendu : chez eux, ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent et c’est bien dommage, mais chez nous, c’est différent). Plusieurs études (par exemple celle publiée par l’ORSTOM et portant sur l’observation durant sept ans de 4 500 jeunes Sénégalais : Simondon KB, Simondon F, Mothers prolong breastfeeding of undernourished children in rural Senegal, Int J Epidemiol 1998 ; 27(3) : 490-4) ont montré que c’est l’inverse qui est vrai : ce n’est pas l’augmentation de la part prise par le lait maternel dans l’alimentation de l’enfant qui induit la malnutrition, mais la malnutrition qui explique la prolongation de l’allaitement. En fait, dans les milieux économiquement défavorisés où les aliments de complément disponibles sont de qualité médiocre, le lait maternel représente pour les enfants de plus de 1 an une source particulièrement importante d’énergie, de protéines et de nutriments de grande valeur, sans laquelle ils seraient encore bien plus mal en point.
[9] Briend A et al., Breastfeeding, nutritional state, and child survival in rural Bangladesh, Br Med J 1988 ; 296(6626) ; 879-82.
[10] Goldman AS et al., Immunologic components in human milk during the second year of lactation, Acta Paediatr Scand 1983 ; 72(3) : 461-2.
[11] Pearce MS, Does increased duration of exclusive breastfeeding protect against Helicobacter pylori infection ? The Newcastle Thousand Families Cohort Study at age 49-51 years, J Pediatr Gastroenterol Nutr 2005 ; 41(5) : 617-620.
[12] Silfverdal SA et al., Protective effect of breastfeeding on invasive Haemophilus influenzae infection : a case-control study in Swedish preschool children, Int J Epidemiol 1997 ; 26(2) : 443-50.
[13] Silfverdal SA et al., Long term enhancement of the IgG2 antibody response to Haemophilus influenzae type b by breast-feeding, Pediatr Infect Dis J 2002 ; 21(9) : 816-21.
[14] Drane D et al., The protective effect of breastfeeding on speech and language impairment, Annual ILCA Conference 2003, Sydney, J Hum Lact 2004 ; 20(2) : 216.
[15] Tomblin JB et al., Epidemiology of specific language impairment : prenatal and perinatal risk factors, J Commun Disord 1997 ; 30(4) : 325-44.
[16] Les recommandations de l’ANAES sur « l’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans » (2001) citent cette étude, mais concluent bizarrement qu’elle n’a pas trouvé de différence tenant à « l’histoire périnatale ». L’allaitement ne fait-il pas partie de l’histoire périnatale ?!
[17] Daniels MC, Adair LS, Breast-feeding influences cognitive development in Filipino children, J Nutr 2005 ; 135(11) : 2589-95.
[18] Victora C et al., Breastfeeding and school achievement in Brazilian adolescents, Acta Paediatrica 2005 ; 94(11) : 1656-1660.
[19] Fergusson DM, Woodward LJ, Breast feeding and later psychosocial adjustment, Paediatr Perinat Epidemiol 1999 ; 13(2) : 144-57.
[20] L’allaitement long n’avait aucune conséquence, ni en bien ni en mal, sur les autres phénomènes étudiés (prévalence de la délinquance juvénile, utilisation de substances illicites et existence de troubles psychiatriques).
[21] Kendall-Tackett KA, Sugarman M, The social consequences of long-term breastfeeding, J Hum Lact 1995 ; 11(3) : 179-83. Sur le même thème, voir aussi : Hills-Bonczyk SG et al., Women’s experiences with breastfeeding longer than 12 months, Birth 1994 ; 21(4) : 206-12.
[22] Fergusson DM et al., Breastfeeding and subsequent social adjustment in six- to eight-year-old children, J Child Psychol Psychiatry 1987 ; 28(3) : 379-86.
[23] Gribble KD, Breastfeeding into toddlerhood and beyond : the experience of mothers and children, Australian Breastfeeding Association International Conference, Hobart, 2005.
[24] Voir la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.
[25] L’ANAES a aujourd’hui disparu, ses missions étant reprises par la Haute Autorité de Santé (HAS). Les recommandations se trouvent sur le site de l’HAS : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Allaitement_rap.pdf.
[26] Allaitement maternel, les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère
[27] Breastfeeding. Biocultural perspectives, sous la dir. de KA Dettwyler (Ed. Aldine de Gruyter, 1995).
[28] A time to wean : The hominid blueprint for the natural age of weaning in modern human populations.
[29] Piovanetti Y, Breastfeeding beyond 12 months – An historical perspective, Pediatr Clin North Am 2001 ; 48(1) : 199-206.
[30] Herrscher E, Alimentation d’une population historique : analyse des données isotopiques de la nécropole Saint-Laurent de Grenoble (XIIIe-XVe siècle, France), Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris 2003, tome 15, fascicule 3-4.
[31] Wright LE, Schwarcz HP, Stable carbon and oxygen isotopes in human tooth enamel : identifying breastfeeding and weaning in prehistory, Am J Physical Anthropology 1998 ; 106(1) : 1-18.

 

 

Mon interview sur la radio belge RCF, le 28 janvier 2017, à l’occasion de la sortie du livre Allaiter plus longtemps :

A propos de l’auteur

Claude Didierjean-Jouveau

Animatrice de La Leche League France, rédactrice en chef d’Allaiter aujourd’hui !
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’allaitement, la naissance et le maternage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

− 5 = 2

Newsletter

Prochains événements

Derniers Tweets

Archives

ea1359050aa96a3075a44212a19b6dd6&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

Pin It on Pinterest