Une campagne d’information sur le « syndrome de la tête plate »  a été annoncée le 31 juillet.

Voici un extrait de mon petit livre Porter bébé, paru en 2005.

Depuis que, au milieu des années 90, on a enjoint aux parents de coucher les bébés sur le dos afin de diminuer le risque de MSN (mort subite du nourrisson), on a vu augmenter les cas de plagiocéphalies postérieures, autrement dit les crânes tout plats à l’arrière, d’origine positionnelle (PPOP). Au point que certains médecins parlent carrément d’une « épidémie de crânes plats » [1]. C’est ainsi qu’à l’hôpital Necker, à Paris, on a examiné, pour la seule année 2001, 250 cas de PPOP. Le nombre d’adultes gardant une déformation importante de l’arrière-crâne est estimé à 14 %. Et parmi les facteurs favorisant cette déformation, le plus important est bien le couchage à plat sur le dos. La déformation commence en général à apparaître vers le deuxième mois, alors que le crâne était rond à la naissance, et contrairement à ce qu’on croit, très souvent elle ne se corrige pas toute seule avec le temps. Faire porter au bébé une sorte de casque 22 heures sur 24 pendant plusieurs semaines semble être alors le seul traitement efficace.
Bien évidemment, la meilleure prévention consiste à ne pas laisser le bébé à plat dos pendant de longues heures, et dans cette mesure, le porter souvent et longtemps limite la position couchée [2].
Qu’on se le dise, les bébés portés ont le crâne rond !

 

[1] Voir par exemple le texte de deux neurochirurgiens suisses intitulé « Plagiocéphalie postérieure d’origine positionnelle. Un mal de société ? ».
[2] Une comparaison entre enfants français et bambaras montre que les premiers passent 50 à 60 % de leur journée en position allongée jusqu’à 6 mois, contre moins de 10 % pour les seconds (Blandine Brill, Culture et premières acquisitions motrices : enfants d’Europe, d’Asie, d’Afrique, J Pédiatr Puériculture 1997 ; 10 : 302-314).