On entend parfois des femmes dire : « J’aurais bien allaité, mais comme je devais retravailler très vite, j’ai pensé que ça ne valait pas le coup. »
On entend même des professionnels de santé asséner (on me l’a rapporté) : « Si vous n’avez pas l’intention d’allaiter six mois, pas la peine de commencer » ! Effet pervers des recommandations, largement diffusées maintenant, pour un allaitement exclusif de six mois ?

Toute durée d’allaitement est bonne à prendre !

En fait, toute quantité de lait maternel est bonne à prendre [1], que ce soit pour trois jours, trois semaines, trois mois ou trois ans.
Dire que les effets de l’allaitement sont « dose-dépendants » signifie bien que, si une dose plus forte aura effectivement plus d’effet, une faible dose en aura quand même, au moins sur certains points.
Et quand on sait la richesse du colostrum en anticorps (100 g d’IgA par litre !), qui en fait le premier vaccin du bébé, on peut imaginer qu’un bébé qui a reçu trois jours de cet « or liquide » [2] a déjà bien de la chance [3].
Des études ont montré que le colostrum était une source naturelle de probiotiques [4], avait des propriétés anti-choléra [5], anti-amibiens [6], anti-herpès [7], pouvait phagocyter et tuer in vitro des microorganismes comme Escherichia coli et Candida albicans [8], neutraliser des toxines [9], contenait des leucocytes capables de fabriquer de l’interféron [10], aux propriétés antivirales, etc., etc.
On a même pu montrer que le taux d’IgA pendant tout le premier mois de vie était corrélé au taux de TGF-beta (transforming growth factor-beta) dans le colostrum, ce qui, pour les chercheurs, pourrait indiquer que le TGF-beta contenu dans le colostrum sert de « starter » pour la production d’IgA chez les nourrissons [11].
Le colostrum stimule également la sécrétion de cytokines, ce qui peut avoir un impact durable sur la façon dont évoluera le système immunitaire de l’enfant [12].
Quand on dit que donner le sein, au moins au début, c’est « donner un bon départ » à l’enfant, on ne ment pas !
Et pendant tout le temps où il continuera d’être allaité, il recevra un aliment parfait pour lui [13] et sera protégé par les anticorps du lait maternel. Sans compter tous les aspects psychologiques, affectifs, émotionnels… de la relation d’allaitement.
Quant à savoir si un allaitement court peut avoir des conséquences bénéfiques à long terme, c’est plus difficile à dire. Certaines études mettent « dans le même sac » les enfants non allaités et ceux allaités moins d’un mois ou deux, car elles ne voient pas d’effet à long terme d’un allaitement aussi court. Alors que d’autres observent un effet, même avec un allaitement de quelques semaines seulement. Pensons par exemple à l’étude [14] qui a suivi entre 13 et 16 ans d’anciens prématurés à qui on avait donné pendant leurs quatre premières semaines de vie soit du lait humain de lactarium, soit du lait industriel pour prématurés, soit du lait industriel standard. Ceux qui avaient reçu le lait humain avaient un taux moins élevé de « mauvais » cholestérol et un meilleur rapport bon cholestérol/mauvais cholestérol (bon, je sais, ces notions de bon et mauvais cholestérol sont remises en cause…).

Et si l’on pouvait allaiter plus longtemps ?

Comme on le sait, la principale raison donnée pour un arrêt précoce programmé de l’allaitement [15] est la reprise du travail. Dans un sondage fait par l’Institut des mamans en 2002 [16], plus de 23 % des mères disaient avoir arrêté l’allaitement pour cette raison.
De nombreuses études confirment ce fait. L’une d’elles [17] montre que la raison principale pour un arrêt de l’allaitement est la reprise du travail dans les douze semaines suivant l’accouchement, et que chaque semaine supplémentaire de congé augmente la durée de l’allaitement de presque une demi-semaine.
Face à cela, deux solutions : allonger le congé de maternité, ou arriver à concilier travail et allaitement.

Un congé plus long

Tout ce qui peut être fait pour allonger d’une manière ou d’une autre le congé de maternité aura des conséquences positives sur la durée de l’allaitement : ajout de vacances, prise du congé pour « suites de couches pathologiques » [18], congé parental [19], congé sans solde…
Mais la vraie mesure serait bien évidemment d’allonger le congé de maternité pour toutes.
Pourquoi la France ne peut-elle faire aussi bien que les pays scandinaves, avec leur congé de maternité de pratiquement un an et leurs taux d’allaitement frôlant les 100 % à la naissance (et encore 42 % à 9 mois en Norvège) ?
Pourquoi ne suit-elle pas l’exemple de la Grande-Bretagne, où le congé de maternité rémunéré peut, depuis 2006, aller jusqu’à 52 semaines ?
D’autant qu’on sait l’effet bénéfique d’un congé de maternité plus long sur la santé des enfants. Une étude comparative internationale portant sur dix-huit pays industrialisés de l’OCDE entre 1969 et 2000 [20] a conclu que chaque tranche de dix semaines de congé de maternité supplémentaire fait baisser le taux de mortalité infantile de 2,6 % et le taux de mortalité post-natale (entre 28 et 365 jours de vie) de 4,1 % ! Comme explication possible de ces résultats, l’article cite entre autres l’allongement de la période d’allaitement qui en découle.

Concilier reprise du travail et poursuite de l’allaitement

Si, il y a encore quelques années, la quasi-totalité des femmes se pliaient à des « plans de sevrage » (supprimer une tétée après l’autre, de telle façon que le bébé soit entièrement au biberon à la reprise du travail) suggérés (avec plus ou moins d’insistance) par l’entourage, les professionnels de santé ou la structure de garde qui devait accueillir l’enfant, elles sont maintenant de plus en plus nombreuses à savoir qu’il est possible de continuer à allaiter après la reprise du travail. Et de plus en plus nombreuses à passer à l’acte.

Les avantages

Tout ce qui a été dit sur la protection apportée par l’allaitement est d’autant plus vrai pour un enfant qui va être gardé, en général à l’extérieur de chez lui, et va donc se trouver en contact avec beaucoup de germes nouveaux.
Une étude faite sur des enfants dont la mère travaillait [21] a par exemple montré que le risque de présenter une diarrhée était 7,8 fois plus élevé chez ceux qui ne recevaient plus de lait maternel, tandis que le risque de présenter une pathologie respiratoire aiguë était 1,9 fois plus élevé.
Et si l’enfant est moins malade parce qu’il est toujours allaité, c’est bon pour lui, c’est bon pour ses parents, c’est bon pour la société (et les comptesde la Sécu !) et c’est bon… pour l’employeur, puisque la mère aura moins besoin de s’absenter pour garder son enfant malade. Dans l’étude précitée, l’absentéisme maternel en raison d’une maladie de l’enfant était 2,7 fois plus élevé lorsque l’enfant n’était plus allaité que lorsqu’il l’était toujours.
Une autre étude [22] s’est penchée sur la relation entre le mode d’alimentation de l’enfant et le nombre d’heures pendant lesquelles celui-ci a été exclu de son système de garde pour cause de maladie, pendant les cinq premières semaines d’utilisation de ce système de garde. Elle a constaté que le taux d’exclusion (donc de maladie) de l’enfant était significativement corrélé à son mode d’alimentation, son augmentation étant parallèle à celle du pourcentage de lait industriel. De même, on pouvait trouver une relation entre absentéisme maternel et mode d’alimentation de l’enfant avant le début de l’étude, les meilleurs résultats étant retrouvés chez les enfants qui étaient exclusivement allaités avant la reprise du travail par leur mère [23].
Lorsque la Compagnie Générale de l’Eau et de l’Électricité de Los Angeles a mis en place un programme d’aide à l’allaitement pour ses employées, elle a constaté une baisse de 27 % de l’absentéisme maternel et une diminution de 35 % des dépenses de santé pour les enfants. De son côté, la société Aetna Inc (Hartford, USA) estime que chaque mère qui continue à allaiter grâce à son programme d’aide à l’allaitement fait économiser environ 1 500 $ par an à l’entreprise.
Pour ce qui est des bénéfices psychologiques, en plus de ceux liés à l’allaitement prolongé, sa poursuite en cas de reprise du travail en comporte de spécifiques. Et c’est sur eux qu’insistent surtout les femmes qui ont vécu cette expérience. Toutes celles qui témoignent trouvent à peu près les mêmes mots pour les décrire : séparation adoucie pour l’enfant et pour la mère, moindre jalousie entre la mère et la gardienne, joie de la « tétée de retrouvailles », assurance donnée par ce lien sauvegardé.

Comment le faire

Le vrai secret de la réussite, c’est tout simplement… de savoir que c’est possible ! Qu’il ne s’agit pas là d’un exploit réservé à quelques hurluberlues ou masochistes, mais d’une possibilité réellement ouverte à toutes les femmes qui le souhaitent. Il est bien sûr préférable d’être soutenue par son entourage – en premier lieu le père de l’enfant –, par son médecin, par la/les personnes qui gardent l’enfant [24], par son employeur [25], par ses collègues de travail, et important de connaître d’autres femmes ayant vécu ou vivant la même expérience (réunions de groupes de mères, forums Internet, etc.).
Deux petits « secrets » permettent aussi de mettre toutes les chances de son côté. Ils sont très simples, mais peuvent paraître déroutants car ils vont à l’encontre de beaucoup d’idées reçues.

Le premier est qu’on peut continuer à allaiter complètement jusqu’à la reprise effective du travail, sans s’inquiéter si le bébé refuse le biberon (ce qui arrive souvent), voire la tasse ou la cuiller : il l’acceptera de la main de la personne qui le gardera, car il en comprendra alors la nécessité et l’utilité. Alors que lorsque c’est la mère (ou une autre personne en présence de la mère, voire parfois en son absence mais avant la reprise), il ne comprend pas pourquoi on lui propose du « deuxième choix » alors que le « premier choix » est là tout près, à portée de bouche.
On s’évitera ainsi bien des angoisses et des conflits pouvant tourner à l’épreuve de force. On minimisera aussi le risque de confusion sein/tétine (toujours présent, même s’il est fortement diminué, quel que soit l’âge de l’enfant) et on aura davantage de garanties que la lactation, mieux installée car plus ancienne, ne se tarisse pas.

La deuxième chose est, après la reprise, de continuer à allaiter à la demande dès qu’on a l’enfant avec soi (matin, soir, nuit, jours de congé, vacances). Non, cela ne « perturbera » pas l’enfant de ne pas avoir le même rythme à la crèche ou chez la nourrice, et à la maison. Au contraire, cela l’aidera à se structurer en lui permettant de faire la différence entre « quand je suis avec maman et que je peux téter » et « quand maman n’est pas là et que je ne peux pas téter ».
De plus, cela permettra de garder un nombre de tétées non négligeable, et ainsi d’entretenir la lactation, même avec des horaires irréguliers.

Ces deux « secrets » expliquent pourquoi tant de femmes qui souhaitaient continuer à allaiter en travaillant disent que « ça n’a pas marché », « ça s’est arrêté au bout de trois semaines ». En effet, quand on parle d’allaitement et travail dans les magazines, on lit en général qu’il faut « habituer » l’enfant aux biberons dès avant la reprise, et qu’après, on pourra donner la tétée « matin et soir ». Je ne dis pas que ce système ne peut pas marcher. Mais trop souvent, on se retrouve avec une lactation en forte baisse, un bébé frustré, souffrant éventuellement d’une confusion sein/tétine, qui finit par se détourner du sein, à la grande déception de sa mère.

Tirer son lait

Il est tout à fait possible de concilier travail et allaitement sans jamais tirer son lait. Néanmoins, certaines mères préfèrent que leur enfant ne reçoive que du lait maternel pendant les premiers cinq à six mois, comme le préconise l’Organisation mondiale de la santé. Et continue à en recevoir, couplé à des solides, même après ces premiers mois.
En plus des avantages pour la santé de l’enfant à court et à long terme, tirer son lait a d’autres bénéfices : en stimulant les seins, cela aide à maintenir la lactation ; cela prévient d’éventuels engorgements, canaux lactifères bouchés, et minimise les « fuites » [26].
Les femmes qui choisissent de tirer leur lait allaitent généralement plus longtemps que les autres. Ainsi, parmi les employées d’une agence gouvernementale américaine qui pouvaient tirer leur lait au travail, 99 % allaitaient à la naissance, et plus de 68 % allaitaient encore à 1 an [27].

Facteurs favorisants

Il est évident que plus les circonstances sont favorables, plus il sera facile de concilier travail et allaitement :

– bébé plus âgé (un mois de plus ou de moins peut faire une grande différence : dans l’étude de K. Auerbach [28], les mères qui reprenaient le travail quand leur bébé avait au moins 16 semaines allaitaient plus longtemps que les autres) ;
– horaires réduits et/ou flexibles (s’il n’est pas possible d’arrêter complètement de travailler, il est peut-être envisageable de prendre temporairement un temps partiel : dans l’étude d’Auerbach, le nombre d’heures de travail par semaine était le deuxième facteur important) ;
– temps de transport plus court ;
– possibilité de tirer son lait ;
– bébé gardé près du lieu de travail, voire sur le lieu de travail ;
– et pourquoi pas, bébé emmené au travail !

Mais même dans des circonstances beaucoup moins favorables, il est possible de poursuivre l’allaitement. Et d’en tirer une grande joie, une grande fierté et une grande confiance dans ses capacités de mère. Il faut le dire et le redire : personne n’a jamais regretté d’avoir tenté l’aventure [29], toutes le referaient si c’était à refaire !

Pas besoin de rester cloîtrée chez soi !

Je ne voudrais pas terminer sans dire un mot d’une autre raison qui explique parfois un allaitement court (voire pas d’allaitement du tout) : la croyance que si on allaite, on est coincée chez soi, sans possibilité de sortir.
Rien n’est plus faux : on peut faire beaucoup de choses avec un bébé allaité [30]. À une seule condition : ne pas craindre d’allaiter où qu’on se trouve.
On touche là un point sensible : beaucoup de femmes n’imaginent pas allaiter en public, devant des étrangers, voire devant des proches (combien se croient obligées d’aller allaiter dans la chambre quand il y a des invités au salon ?). Et ce parce qu’elles ne savent pas qu’avec un minimum d’entraînement et des habits adaptés [31], on peut allaiter en toute discrétion, sans découvrir ses seins.
Si l’on recommence à voir des bébés allaités dans les squares, dans les cafés, dans les bus et dans les métros, dans les musées et à la piscine…, on peut être sûr que plus de femmes auront envie de se lancer dans l’allaitement, car elles y verront un geste naturel, intégré dans la vie, et non, comme c’est encore trop souvent le cas, une contrainte qui les enchaîne.

 

[1] Et toute quantité de sein aussi ! Dans certaines maternités, on propose maintenant à toutes les femmes qui accouchent, qu’elles aient ou non l’intention d’allaiter, une « tétée d’accueil » : le bébé est laissé sur le ventre de la maman et peut donc prendre le sein. La plupart de celles qui ne souhaitaient pas allaiter ne changent pas pour autant d’avis, mais toutes sont très contentes d’avoir pu accueillir ainsi leur bébé.
[2] Chantry CJ, Colostrum : « liquid gold », ABM News and Views 2002 ; 8(4) : 29. Traduit dans les Dossiers de l’allaitement 2003 ; 57 : 10-11.
[3] Le Pr Lestradet avait d’ailleurs déclaré, à la Journée internationale de l’allaitement de 1986, que le colostrum n’est « donc pas une nourriture au sens habituel du terme, mais un véritable concentré d’anticorps que l’enfant reçoit au cours des premières tétées. Cela doit être connu pour que l’enfant reçoive cet apport immunitaire indispensable. Lorsque les jeunes femmes, les médecins et les sages-femmes auront bien compris que le colostrum n’est pas un aliment quelconque, mais une solution concentrée d’anticorps, je pense qu’il paraîtra évident que le colostrum fait partie des apports nécessaires à l’enfant et que la femme, même si elle ne souhaite pas allaiter, devrait donner à son enfant cet apport vital essentiel » (Médecine et enfance 1987 ; 7(5) : 216).
[4] Microorganismes vivants qui modifient de manière bénéfique l’organisme hôte en améliorant l’équilibre de sa flore intestinale. Voir : Novak FR, Human colostrum : a natural source of probiotics ?, J Pediatr (Rio J) 2001 ; 77(4) : 265-70.
[5] Majumdar AS, Ghose AC, Protective properties of anticholera antibodies in human colostrum, Infection and Immunity 1982 ; 36(3) : 962-965.
[6] Acosta-Altamirano G et al., Anti-amoebic properties of human colostrum, Adv Exp Med Biol 1987 ; 216B : 1347-52.
[7] Kohl S et al., Human colostral cytotoxicity : antibody-dependent cellular cytotoxicity against Herpes simplex viral-infected cells mediated by colostral cells, J Clin Lab Immunol 1978 ; 1(3) : 221-4.
[8] Ho PC, Lawton JW, Human colostral cells : phagocytosis and killing of E. Coli and C. albicans, J Pediatr 1978 ; 93(6) : 910-15.
[9] Kim K et al., In vitro and in vivo neutralizing activity of human colostrum and milk against purified toxins A and B of Clostridium difficile,  J Infect Dis 1984 ; 150(1) : 57-62.
[10] Lawton JW et al., Interferon synthesis by human colostal leucocytes, Arch Dis Chilhood 1979 ; 54 : 127-130.
[11] Ogawa J et al., Role of transforming growth factor-beta in breast milk for initiation of IgA production in newborn infants, Early Hum Dev 2004 ; 77(1-2) : 67-75.
[12] Bocci V et al., What is the role of cytokines in human colostrum, J Biol Regul Homeost Agents 1991 ; 5(4) : 121-124.
[13] Pour une bonne synthèse sur la composition du lait humain, voir : Tour d’horizon sur le lait humain, Dossiers de l’allaitement 2002 ; 52 : 10-15.
[14] Singhal A et al., Breastmilk feeding and lipoprotein profile in adolescents born preterm : follow-up of a prospective randomised study, Lancet 2004 ; 363(9421) : 1571-78.
[15] Je ne parle pas ici de tous les arrêts précoces non prévus par la mère et le plus souvent injustifiés : douleurs de mamelons (qui pourraient être évitées), perception d’un « manque de lait » réel ou supposé (évitable également par une bonne conduite de l’allaitement), prise de médicaments (en fait compatibles avec l’allaitement), etc. Dans le sondage de l’Institut des mamans, près de 70 % des femmes disaient avoir arrêté d’allaiter plus tôt qu’elles ne le souhaitaient au départ.
[16] http://www.institutdesmamans.com/Online/allaitement.php
[17] Roe B, Is there competition between breast-feeding and maternal employment ?, Demography 1999 ; 36(2) : 157-71.
[18] Attention : il ne s’agit pas, contrairement à ce que croient beaucoup, d’un « congé d’allaitement » (qui n’existe que dans certaines conventions collectives), mais d’une prolongation du congé postnatal, accordée sur prescription médicale. Cette période de repos supplémentaire (jusqu’à 4 semaines) est considérée comme congé maternité, mais doit correspondre à un « état pathologique » (l’allaitement n’étant pas une pathologie (!) ne doit pas figurer comme motif du congé), et la mère peut à tout moment être contrôlée par un médecin agréé.
[19] En cas de cessation (totale ou partielle) d’activité, on peut, dès le premier enfant, toucher la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant).
[20] Tanaka S, Parental leave and child health across OECD countries, Economic journal 2005 ; 115(501) : F7-F28.
[21] Valdés V et al., Infant illness, breast milk feeding and type of care among infants of working mothers, ABM News and Views 1999 ; 5(3) : 24.
[22] Jones EG, Matheny RJ, Relationship between infant feeding and exclusion rate from child care because of illness, J Am Diet Assoc 1993 ; 93(7) : 809-11.
[23] Ajoutons que quinze mères pouvaient aller voir leur enfant sur son lieu de garde pendant la journée. L’examen des données recueillies a montré que ces enfants avaient un taux d’exclusion pour maladie plus bas que ceux que leur mère ne pouvait aller voir.
[24] De plus en plus de crèches accueillent favorablement les enfants allaités, que ce soit en acceptant que la mère vienne allaiter à la crèche ou en donnant à l’enfant le lait tiré par elle. C’est le cas par exemple des crèches départementales de Seine-Saint-Denis et des crèches de la Ville de Paris
[25] Aux États-Unis, certaines entreprises ont mis en place des programmes de soutien à l’allaitement (aménagement d’horaires et de lieux permettant de tirer son lait au travail). Une étude (Ortiz J et al, Duration of breast milk expression among working mothers enrolled in an employer-sponsored lactation program, Pediatr Nurs 2004 ; 30(2) : 111-9) s’est intéressée à 462 femmes bénéficiant de tels programmes. 97,5 % d’entre elles allaitaient à la naissance, 57,8 % à 6 mois. De celles qui étaient retournées au travail, 79 % ont entrepris de tirer leur lait au travail, et presque toutes (98 %) y sont parvenues, alors qu’à 84 %, elles travaillaient à plein temps. En moyenne, elles ont arrêté de tirer leur lait quand leur enfant avait 9 mois, mais certaines l’ont fait plus de deux ans.
[26] Pour les aspects pratiques (comment tirer son lait, le conserver, le faire donner…), voir sur le site de La Leche League le dossier Tirer son lait.
[27] Whaley SE et al, Predictors of breastfeeding duration for employees of the Special Supplemental Nutrition Program for Women, Infants, and Children (WIC), J Am Diet Assoc 2002 ; 102(9) : 1290-3.
[28] Auerbach KG, Maternal employment and breastfeeding. A study of 567 women’s experiences, Am J Dis Child 1984 : 138(10) ; 958-60.
[29] Dans l’étude d’Auerbach, 82 % des mères interrogées ont dit qu’elles le referaient, les 18 % restants disant qu’elles préfèreraient trouver une autre solution par rapport au travail (par exemple, ne reprendre que quand l’enfant serait plus grand).
[30] Je suis même allée au cinéma avec mes bébés les premiers mois, tant qu’ils ne couraient pas partout à quatre pattes !
[31] Même si l’on peut allaiter discrètement sans vêtements spéciaux (il suffit d’un haut séparé qu’on relève légèrement), il est intéressant de noter qu’on trouve maintenant facilement des vêtements d’allaitement (voir par exemple www.mamanana.com).

En anglais, ça donne ça !

Extrait de Les 10 plus gros mensonges… sur l’allaitement (éditions Dangles, 2006)

À lire : Petit guide de l’allaitement pour la mère qui travaille.

Illustration : détail d’une œuvre de Hervé Di Rosa.